début de ce blog - 24 décembre 2008

Le divin rencontre l'humain, le céleste fait du terrestre son nid,
l'essentiel allume ses lumières aux fenêtres de l'existentiel… Une histoire de naissance !

dimanche 22 novembre 2009

Écologie

Petit à petit la conscience que nous vivons dans un environnement qui ne pourra pas indéfiniment supporter tous nos excès gagne du terrain. Les plus courageux changent leurs comportements et tracent une nouvelle voie qui veut prendre en compte le respect des grands équilibres de la vie. Beaucoup attendent pour suivre qu’on leur fournisse les moyens de vivre plus « proprement ». Mais globalement nous vérifions que le temps où l’on déversait rejets, déchets et autres pollutions sans se soucier des conséquences proches ou futures est révolu. Reste à prendre collectivement la décision de modérer nos appétits. Ce n’est pas gagné…

Cette évolution ne se fera pas sans la prise en compte de l’écologie intérieure. Car dans notre esprit règnent toutes sortent d’excès dont les effets sont dévastateurs. La peur de ne pas être aimé est sans doute la source de toutes les violences. L’incompétence à gérer la frustration engendre tous les égoïsmes. Mais aussi les rigidités de mon éducation m’obligent à écarter le bonheur qui voudrait croiser mon chemin. Sans parler de la façon dont les mémoires héritées de mes ascendants organisent ma solitude. La liste de tous ces toxiques est longue… Chaque pensée produit un effet. Et il faudra un jour constater que ces moteurs-là sont probablement encore plus polluants que nos gros 4x4.

Le défi devant lequel nous nous trouvons est gigantesque. Il est aussi exaltant. Avez-vous entendu parler de ce paysan mexicain qui se sentant « tout petit » devant les merveilles du vivant a vu ses légumes « devenir géants » ? Et ce compatriote de notre douce France qui s’est mis à « communiquer » par la pensée avec son champ et qui obtient jusqu’à 60% de récoltes supplémentaires sans aucun engrais ? Évidemment il est impossible d’appliquer cela dans un esprit de profit ou de rentabilité. Ici les lois globales de la Vie obligent une harmonisation entre l’énergie de l’agriculteur et l’énergie de son sol. Comme si la terre se mettait à cultiver l’homme !

L’écologie, science du devenir humain… ?

samedi 14 novembre 2009

En nombre

Fin de semaine avec un brin de douceur dans le cœur. Petites lumières qui scintillent un peu partout. Ici une nouvelle association voit le jour dont l’objet est de partager qualité de vie et connaissances alternatives. Là un rassemblement crée l’événement autour de la flamme pour la paix partie de Nouvelle-Zélande et à destination de l’Argentine. Ici trois personnes font un temps de silence et de prière en rappel à la nécessaire Conscience. Là, en 10 jours, 25.000 signatures sont collectées pour s’opposer à des expulsions inhumaines. Partout l’information contradictoire circule et contribue à une utile réflexion sur notre santé. Ici encore un lieu édifié dans le respect de la planète éveille la joie d’une visiteuse. Là aussi on s’organise localement pour une économie solidaire. Et cet ami tétraplégique qui continue de récupérer sa mobilité contre toute attente…

Les petits ruisseaux font la grande rivière, dit le proverbe. Et j’ai besoin de me ressourcer périodiquement dans le constat du dégel. Vous savez ce moment, quand vient le printemps, où les glaces et la neige s’en vont dans cette myriade de gouttelettes qui suintent de partout sur fond de ‘flic-floc’, minuscules filets d’eau gorgeant la terre qui s’éveille, venus de nulle part mais déterminés à se rendre au grand rendez-vous de la Vie ! J’ai besoin de le sentir ce dégel.Car n’étant rien de plus qu’une goutte dans l’océan, j’en perdrais parfois la mémoire même de l’océan de ne pas savoir les autres gouttes à mes côtés.

Alors je vous invite vous aussi à faire un petit inventaire de toutes les lucioles croisées sur votre chemin depuis huit jours. Celles dont vous avez partagé la braise, celles aussi dont vous avez seulement vu la lumière à proximité. Des gestes concrets, peut-être maladroits, certainement insuffisants, mais de ceux qui travaillent le monde pour de vrai. Et si votre liste est un peu courte, vous avez le week-end pour y remédier. Allumez une bougie. Parlez à votre voisin. Sortez à la rencontre de l’oiseau ou de la feuille d’automne. Et pour cette fois osez inviter l’ami(e) que vous n’avez pas revu(e) depuis quelque temps. Ce sera un geste, un simple geste qui pourrait seulement changer le cours de l’histoire. Et si en ce jour vraiment rien d’autre n’est possible, vous pouvez toujours laisser ici un commentaire ! Je vous souhaite une fin de semaine toute en douceur.

mardi 10 novembre 2009

À l'écoute

Je voudrais faire silence,

et T’attendre.

Je voudrais me taire

afin de comprendre

ce qui advient dans Ton monde.

Je voudrais faire silence

et être proche de Toi

ainsi que de tes créatures.

Je voudrais faire silence

pour que, parmi les voix multiples,

je reconnaisse la tienne.

Je voudrais faire silence

et m’étonner

que, pour moi, Tu aies une parole.

(auteur inconnu)

(photo de Jean)

Trouver la Voie c’est aussi trouver cette Voix

qui parle dans le silence de nos profondeurs

et qui devient notre boussole

pour nous conduire vers la Lumière.

mardi 3 novembre 2009

Défunts

Ils sont partis. Ils nous ont quittés. Que nous les ayons aimés ou non, ils ont participé pour le temps qui leur a été accordé à la grande aventure de l’humanité. Et leur passage parmi nous a laissé des traces par lesquelles nous sommes plus ou moins concernés. C’est ce qui fonde l’intérêt porté aux défunts. Non pas la curiosité malsaine pour un « autre monde » que nous ne connaîtrons jamais. Mais la prise en compte d’un « collectif » auquel nous sommes connectés, d’une grande transmission à partir de laquelle s’organise notre propre itinéraire.

Les défunts s’inscrivent dans une longue chaîne d’évolution de la conscience. Tous ceux qui nous ont précédés dans l’existence ont contribué à engrammer une certaine vision du monde. Chacun pour sa part, et tous ensemble, ils nous lèguent un rapport à la vie qui se trouve stocké dans diverses formes de mémoires. Que ce soit sur le plan biologique, psychologique ou spirituel, c’est à partir d’elles que nous cherchons à avancer. Celui qui oublierait la réalité de cet héritage risquerait fort d’errer dans sa tentative de s’ajuster au mieux à la vie.

La fête de la Toussaint et le jour des Morts qui la suit, sont une invitation à ne pas négliger cette dimension. Un rappel très utile dans un monde où l’on voudrait croire que l’individu existe par lui-même : nous ne venons pas de rien, nous sommes enfants de ceux qui ont foulé cette terre avant nous. Malheureusement nos cimetières sont davantage tournés vers d’ « éternels regrets », comme l’on voit écrit. Et qui sait encore que le nettoyage des pierres tombales est symbole d’un autre nettoyage auquel nous sommes appelés ?

La prière pour les morts n’a rien à voir avec une pratique obscurantiste nourrie de peurs ou de superstitions. Elle est l’invitation à parcourir des mémoires pour les visiter par la lumière de l’amour et contribuer à les dégager des crispations et des illusions dont elles sont pétries. Ceci dans le seul but d’améliorer la situation des vivants qui s’en nourrissent. Les approches développées par la psychogénéalogie, et d’autres technique de « dénouage » y participent à leur façon. Il n’est pas inutile d’y accorder une réelle attention.

dimanche 25 octobre 2009

Pensée, parole, acte

La philosophie classique nous a habitués à cette distinction. Et le droit de nos états républicains repose toujours sur elle : personne ne sera inquiété pour avoir eu la pensée de tuer son voisin -celui qui met la musique trop fort-, mais la parole d’injure proférée dans un moment de colère pourra être sanctionnée (en fonction de votre interlocuteur !), et de toute évidence l’acte d’agression commis contre un tiers tombe sous le coup de la loi et sera puni par le juge. C’est l’ordre dominant de notre culture. Le subtil a moins d’importance que le tangible. La priorité se trouve du côté du visible et du mesurable.

beauté d'une cohérence

Pourtant de tout temps des voix se sont élevées pour nous rappeler que la parole est le fruit de la pensée, et que l’acte découle de ces deux-là. Même l’expérience commune nous fait appeler hypocrisie un discours qui n’est pas le reflet de la profondeur du cœur comme un geste qui ne relaye pas l’état véritable d’une conscience. Mais chacun s’aperçoit facilement que si les comportements peuvent être disciplinés, si le langage sait être châtié -c’est déjà moins évident-, l’esprit lui est largement plus difficile à maîtriser. Pour certains, c’est le programme de toute une vie de parvenir à mettre un peu d’ordre à ce niveau. Et celle ou celui qui réalise cette prouesse sera volontiers perçu comme un sage.

Il reste à mon sens que pensée, parole, et acte sont en étroite interaction, comme les facettes d’une seule réalité. J’observe depuis longtemps qu’un geste peut éveiller une parole et un état d’esprit, comme un discours nourrit de toute évidence une pensée. Alors c’est plutôt la cohérence des trois qui m’interpelle. Un comportement qui s’harmonise avec le propos de son auteur et sa vision de la vie me touche profondément. Inversement la pensée la plus sublime habillée du plus joli discours me laisse sur la réserve si le comportement qui va avec n’est pas au rendez-vous. Mais je suis sans doute bien trop exigeant !

dimanche 18 octobre 2009

Y en a marre !

Vous avez vu le dernier documentaire sur Arte à propos des déchets nucléaires. Vous avez entendu parler du Débat Public en cours autour des nanotechnologies. Vous suivez l’évolution des aliments génétiquement modifiés qui aboutissent qu’on le veuille ou non dans nos assiettes. Vous regardez les (rares) images des inondations en Afrique où en une nuit est tombé du quart à la moitié des pluies annuelles, changement climatique oblige. Vous restez informés de la campagne de vaccination qui débute le 5 novembre prochain dans les écoles, et désolé on n’aura pas le temps de prévenir les parents, mais le soir en rentrant vos enfants vous annonceront que tout est fait et que vous n’avez plus besoin de vous soucier de cette fameuse grippe - merci l’OMS, et tant pis pour les conséquences désastreuses imprévisibles…

Tout cela est OK. Mais à l’occasion de la journée mondiale de la faim, les bras vous en tombent : 1 milliard d’humains n’ont pas de quoi manger, 100 millions de plus que l’année dernière. Où est le problème ? Ben voyons, c’est juste que ce jour-là les bourses pavoisent, elles ont rattrapé leur niveau d’avant la crise et l’ont même légèrement dépassé. Yeah ! Les ‘traders’ se partageront 150 milliards de profits contre 140 milliards l’année passée. Circulez, il n'y a rien à becqueter pour les affamés du monde. Au passage 1 américain sur 10 est menacé d’expulsion de son logement, et chez nous le chômage a pris 2 points supplémentaires. Les enfants de nos enfants (s’il y en a encore) payeront la dette. No problem. Dormez tranquilles citoyens du monde, on s’occupe de tout.

Non, ce n’est tout simplement plus possible de continuer ainsi. Des voix s’élèvent. Après « Home » de Yann-Arthus Bertrand, c’est Nicolas Hulot qui nous a concocté « le syndrome du Titanic ». Allez voir le film, et surtout, surtout emmenez avec vous vos enfants, vos amis, vos voisins, vos collègues, pour pouvoir en parler. Ce qui nous paralyse face à de telles informations sur l’état de notre monde, c’est de n’en parler avec personne. Alors nous oscillons entre étouffer ces messages car ils sont vraiment trop anxiogènes, et déprimer car ‘je ne peux rien y faire’. Pourtant il nous est demandé aujourd’hui d’endurer cette réalité, de regarder, d’écouter, de parler, de ressentir ce qui se passe, et de nous laisser transformer. Intérieurement, vers une nouvelle conscience. Puis extérieurement et collectivement pour qu’émerge enfin une nouvelle manière de vivre.

Exploiter, polluer, dominer, profiter, manipuler, détruire… qu’on se le dise, c’est définitivement trop RINGARD !

mardi 13 octobre 2009

L'espérance

Elle avait perçu une bribe de conversation téléphonique, et cela lui avait suffi. « Vous êtes médecin ? » avait-elle demandé avec une petite voix douce, après une pause en silence et en s’assurant de ne pas déranger son interlocuteur. « Non, je suis psychothérapeute ». La réponse paraissait lui convenir, et sans chercher plus de bonnes raisons, elle s’est mise à parler de sa fille. Une fille qui va sur ses quinze ans. Mais malheur, vers l’âge de trois mois, celle-ci a fait des ‘convulsions’ qu’aucun médecin n’a pu expliquer. « Des convulsions de fièvre ? - Non, sans fièvre et sans aucun autre symptôme… ». Et de là tout a basculé. Aujourd’hui l’enfant devenue adolescente n’est pas propre et ne parle toujours pas. C’est une charge difficile à porter au quotidien. On le comprend aisément.

miroir de l'âme (photo de Jean)

« Pensez-vous qu’il y ait un espoir ? ». Question embarrassante, mais tellement naturelle. Quoi répondre ? Si les médecins ne savent pas, il paraît difficile de nourrir un espoir insensé. Peut-être d’autres médecines. Peut-être un peu de confort. Peut-être quelque progrès ou seulement un nouvel éclairage sur la situation. « Avez-vous essayé d’autres approches ? - Des amis m’en ont parlé récemment, je crois que je vais prendre un rendez-vous… ». Et la conversation se poursuit sur la situation familiale. Quatre autres enfants, à l’école ou au chômage. Un mari ouvrier. Les origines algériennes. La vie en France dans une petite ville lorraine. « Ce n’est pas toujours simple, mais on ne se plaint pas ». Le courage à l’épreuve de l’ordinaire, et quel courage dans ce cœur de femme et de mère !

« Vous aimez les dattes ? ». Elle voulait remercier, de ce qu’elle a reçu comme un privilège. Un bout de conversation, avec celui qui s’était assis à côté d’elle au hasard des réservations. Le temps de disparaître au bout du wagon, la voilà de retour avec un cornet rempli de ces fruits sucrés, comme vous n’en avez sans doute jamais mangé. Si moelleux et délicatement parfumés. Un bon kilo ! Pour quelques mots. Pour une oreille attentive aux déboires de la vie. Quelle générosité… et quelle leçon. En quinze années combien de fois a-t-on dû lui répéter que pour sa fille il n’y avait rien à espérer ? Et la voilà encore, et toujours, interrogeant cette fois un inconnu. Sait-on jamais… Si ce n’est pas l’espérance, alors je n’y comprends rien. C’est pourquoi j’aimerais aussi là confier, avec sa fille, à vos prières.