début de ce blog - 24 décembre 2008

Le divin rencontre l'humain, le céleste fait du terrestre son nid,
l'essentiel allume ses lumières aux fenêtres de l'existentiel… Une histoire de naissance !

dimanche 17 janvier 2010

Lessive

La corvée ? Ou plutôt un geste plein de promesse ? C’est selon. Selon que l’on regarde du côté de ce qu’il faut faire pour débarrasser le panier à linge qui déborde, ou du côté de l’armoire qui bientôt se garnira à nouveau d’habits propres qui sentent le frais. Mais dans les deux cas, la lessive fait partie des tâches qui reviennent régulièrement et qui nous rappellent la continuité du temps qui passe, mais aussi l’attention au quotidien que celle-ci réclame pour pouvoir nous offrir toutes ses richesses. Comme le ménage. Comme l’entretien du jardin. Et tant d’autres ‘routines’ qui n’en sont pas moins des enseignements.

Au travers d’elles monte par exemple l’interpellation : quel est le soin que je porte à mon cœur et à mon esprit, quand au quotidien je les utilise pour traverser le parcours de l’existence ? Quand certains jours j’accueille des personnes qui usent les mêmes pensées et les mêmes habitudes depuis des années, sans même avoir un ‘rechange’, je me dis qu’il serait temps qu’ils fassent une halte au lavomatique pour se rafraîchir un peu les idées ! C’est incroyable, quand on considère l’étendue des expériences qui s’offrent à nous en ce monde, de constater à quel point il nous est possible de stagner dans notre propre jus…

La lessive pourrait devenir un rappel utile. À quand remonte le dernier nettoyage de mes perspectives de vie ? Par quelle pratique me suis-je offert ces derniers temps le lavage-rinçage-essorage-repassage capable de mettre à jour mes opinions et points de vue sur moi-même, sur les autres et sur nos destinées ? Si ça sent le transpiré et la chaussette rance dans mes états d’âme, n’est-il pas temps de me tremper dans de nouvelles rencontres, d’oser frotter un peu pour que ça mousse, de faire un tour ailleurs, et de donner un nouveau pli à mes schémas mentaux ? Voilà, ma lessiveuse a fini son essorage. Je vous laisse. Je vais pendre mon linge !

9 commentaires:

Anonyme a dit…

EXCELLENT!

Acouphene a dit…

Chacun ses tâches !

Anonyme a dit…

Faire sa lessive en conscience au propre si je puis dire :). Pour pourquoi pas se séparer ou nettoyer le contenu de cette armoire qui nous encombre, au figuré.

Thierry

Anonyme a dit…

Très belle métaphore!
Dans un autre ordre d'idée: mettre de l'ordre dans sa vie, à tous niveaux, comme faire le ménage, trier, ranger, jetter. C'est ma tâche du moment et de longtemps...
En communion!
Pascale

catherine2 a dit…

l'intelligence s'est endormie dans l'habitude, la caresse d'un mot ou un bon coup de lessiveuse et ça repart ! merci

Anonyme a dit…

En Alsace, on fait le " grand ménage " pour Pâques, ça s'appelle " Oschterputz", t'en souviens-tu Christian ?
Thich Nat Hanh considère celà comme une pratique de Pleine Conscience aussi valable qu'une méditation..
Francine C
PS suite à ta question choucroutienne, je vis maintenant en Yvelines

Yog a dit…

En yoga, les torsions sont des moyens de "s'essorer".

"...capable de mettre à jour mes opinions et points de vue sur moi-même, sur les autres et sur nos destinées ? "

Nouvelles Clés : Dans la crise globale que nous traversons, quelles sont les chances de l'humanité de s'en sortir ?

Amma : Le problème fondamental est le manque de prise de conscience de l'humanité. Cela peut certaine­ment être dépassé par un authentique esprit de solidarité, des discussions appropriées et du travail sur soi.
Bien que nous ayons une conscience, nous menons des vies inconscientes : or, s'il est difficile de réveiller une personne endormie, il est encore plus difficile de réveiller une personne qui fait semblant d'être endormie mais ne l'est pas. Il faut donc nous secouer, assumer notre éveil, voir la situation, nous unir, mener des initiatives utiles, c'est-à-dire pas seulement intellectuelles, mais avec le coeur. Et cela fera certainement évoluer la situation. La « crise globale » dont il est question est une chute dans un trou très étroit : nous pouvons donc nous appuyer aux parois, escalader et facilement remonter. Et ainsi sauver l'humanité tout en sauvant nos âmes.

Comment agir individuellement pour l'intérêt collectif ?

L'individu est le fondement, la plus petite unité humaine à partir de laquelle se crée la famille, qui s'agglomère en communautés, qui constituent des nations, dont l'humanité entière est faite. Tout part de l'individu, y compris la paix et la guerre : c'est le conflit intérieur à l'esprit individuel qui se manifeste extérieurement sous forme de violence. Cela dit, il est important que nous ayons une connaissance plus profonde du monde subjectif et du monde objectif. Les individus ne sont pas comme des îles isolées. Nous faisons partie du change­ment universel. Mais le changement part de l'individu, sinon, rien ne se passe. Une fois que nous changeons, les autres changent aussi, automatiquement. Partout de par le monde, les humains imitent les autres. Par exemple, les hommes français furent les premiers à porter cette petite barbe qu'en Inde on appelle bulgan (Amma rit en faisant le tour de sa bouche avec la main, mimant une barbe de mousquetaire). Aujourd'hui, on trouve de ces barbes partout. J'aurais pu aussi bien parler de vêtements, de chaussures, de la manière de se nourrir ou de se divertir. Les gens imitent ceux qui les inspirent. Nous avons donc besoin de bons « rôles modèles », qui inspireront toute l'humanité.
Je ne dis pas que le monde entier puisse changer. Ce serait comme vouloir vider l'océan ! Toutefois, même si cela revient à prélever une petite cuillerée d'eau dans l'océan, chaque effort individuel contribue à un changement global possible. Nous ne pouvons pas changer les plis du monde, mais si nous nous remettons sans cesse à l'ouvrage, nous deviendrons bons et, par imitation, les autres le deviendront aussi. Comment ? Fondamentalement, par amour. Nous avons besoin d'amour, c'est-à-dire que nous avons besoin d'aimer, d'aimer les autres. Quand l'amour compassionnel se lève, tout se réalise. Avoir de la compassion signifie connaître la situation de l'autre personne. Tout part de l'amour. Voilà ce dont nous avons besoin.

Comment élever notre conscience ?

Nul besoin d'élever la conscience. La cons­cience est. C'est la vraie réalité, le point le plus élevé. Toutefois, parlant de la situation indivi­duelle, ce n'est que par la connaissance authentique que nous pouvons y accéder. Prenez le feu. Vous savez qu'il vous brûlera si vous y mettez la main. La connaissance vous incite donc à éviter le feu. Si vous voyez une fine couche de glace sur un lac, vous évitez également de marcher dessus, parce que la connaissance vous apprend que vous tomberiez à l'eau. Voilà comment vous éveiller à la cons­cience : par la connaissance de vous-même et des autres.

fish-fish a dit…

Une fois j'ai lessivé les murs d'une chapelle tibétaine pleine de suie. Je comprends mieux ce que veut dire "je suis lessivé" depuis.

denis a dit…

C'est après avoir essoré les derniers vêtements que je suis venu à lire ton post. Comment suis-je arrivé là, je ne sais, le nom passeur peut-être... J'ai apprécié de lire la petite musique du quotidien et de ses vertus. Je 'en suis pas encore à la phase rinçage après une séparation de bientôt deux ans , mais il est temps que je tourne le bouton!Merci Christian